| L'artiste est souvent soumis à
des pressions qui mettent à mal le temps de l'élaboration,
de l'émergence, de la prise de parole. La doxa contemporaine est
ainsi faite que le système de la production absorbe les prémisses
de ce qui fait sens dans la représentation humaine. Cette situation
appauvrit la réflexion, l'élaboration de projets et empêche
l'émergence de véritables auteurs.
La fabrication des uvres nécessite un
espace/temps qui puisse permettre aux artistes de se confronter à
la matière, aux éléments de langage qu'ils utilisent,
aux différents aliments qui nourrissent le travail de création,
qui servent de fondement à la représentation, à la
mise en forme spectaculaire.
Cet espace/temps doit se situer en dehors de tout enjeu,
de tout résultat. Il doit être entièrement retiré
du cycle de la production qui risquerait d'avoir une influence sur le
format. Les conditions de travail doivent néanmoins être
optimales, les auteurs doivent pouvoir être accueillis en résidence
dans un cadre leur permettant de se soumettre totalement à ce travail.
Ce postulat nous a conduit à proposer à
des artistes de cirque de travailler en laboratoire sans contraintes,
pour des périodes de 3 semaines consécutives et ce, plusieurs
fois dans l'année.
Un premier laboratoire se déroule du 25 août
au 13 septembre 2003, à Cherbourg-Octeville. Il réunit Mathurin
Bolze, Suzanne Da Cruz, Thomas Guérineau, Angela Laurier, Mahmoud
Louertani et Abdel Senadhji. Il est dirigé par François
Verret, dont la tâche est de mettre en route le chantier, d'approfondir
les propositions des auteurs-interprètes, de les transcrire. Il
est accompagné de Christian Dubet, éclairagiste et de Goury,
scénographe.
Les labos pourront donner lieu à des « lectures
publiques », qui seront des moments d'ateliers ouverts au public.
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